9 pratiques de quartiers « bas carbone » que tout le monde devrait copier

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Le quartier de Hammarby Sjöstad à Stockholm.

Temps de lecture : 6 min

Sobriété foncière, climat, pouvoir d’achat, qualité de vie : partout, des quartiers bas carbone expérimentent de nouvelles solutions. Voici 10 astuces concrètes, issues de projets en France et à l’international, pour illustrer ce qui fonctionne vraiment. Des pistes dont collectivités, aménageurs et habitants pourraient s’inspirer !

    Les informations clés

  • À Stockholm, le quartier bas carbone d’Hammarby Sjöstad transforme les déchets et eaux usées de ses habitants en chauffage et en biogaz.
  • À Fribourg-en-Brisgau, l’ancienne base militaire française abrite des bâtiments à énergie positive chauffés par une centrale bois.
  • Au sud de Londres, plus de la moitié des matériaux de construction de BedZED ont été sourcés localement ou recyclés.
  • Sur le site d’Atlantech à La Rochelle, une boucle énergétique redistribue les surplus entre bâtiments et les convertit en hydrogène vert pour les transports.
  • À Masdar City (Abu Dhabi), l’orientation des ruelles et la hauteur des façades abaissent la température ressentie de 10 °C sans aucune climatisation mécanique.
  • À la Chapelle Charbon à Paris, le bilan carbone a guidé chaque choix de conception, avec des émissions 38 % inférieures au scénario initial.
  • Le quartier de Nordhavn à Copenhague est conçu pour que chaque habitant accède à pied en moins de 5 minutes à tous les services essentiels, réduisant le recours à la voiture.
  • À Songdo en Corée du Sud, un réseau de tubes pneumatiques souterrains aspire les ordures depuis les logements, éliminant tout camion-poubelle des rues.
  • Les toitures végétalisées de GWL à Amsterdam collectent l’eau de pluie, redistribuée ensuite pour alimenter les chasses d’eau des logements.

1- La ville qui se nourrit de ses propres déchets – Hammarby Sjöstad, Stockholm (Suède)

Ce quartier bas carbone de 11 000 appartements et 25 000 habitants a été conçu dès les années 1990 comme un système en boucle fermée. Le chauffage du quartier provient à 47 % de l’incinération des déchets ménagers combustibles des habitants, à 34 % de la chaleur extraite de leurs eaux usées traitées et à 16 % de biomasse. Les boues de station d’épuration sont ensuite transformées en biogaz. Il est utilisé dans 900 logements et sert aussi à alimenter des bus. Les eaux de pluie, quant à elles, s’infiltrent via des noues paysagères ou sont retenues par des toitures végétalisées avant d’être restituées dans le cycle naturel.

2- Une ancienne caserne française à énergie positive – Fribourg-en-Brisgau (Allemagne)

À Fribourg-en-Brisgau, l’ancienne base militaire française abrite aujourd’hui 5 500 habitants dans des bâtiments exemplaires : la plupart produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. De quelle manière ? Tous répondent à des standards exigeants en matière de performance énergétique (maximum 65 kWh/m² par an) et sont équipés de panneaux photovoltaïques. À l’exception des maisons « passives », parfaitement autonomes, le reste de ce quartier bas carbone est chauffé par une centrale à copeaux de bois. Le quartier a aussi fait le choix de bannir la voiture : deux parkings-silos en bordure du site permettent aux habitants de se stationner.

L’ancienne base militaire de Fribourg-en-Brisgau transformée en résidences durables. Crédit photo : © Arnold Plesse

3- Un quartier en mode réemploi – Londres (Royaume-Uni)

Livré en 2002, le quartier de BedZED de Sutton, au sud de Londres, reste une référence mondiale du zéro carbone. Plus de la moitié des matériaux de construction utilisés pour les 100 logements ont été sourcés dans un rayon de 55 km. C’est le cas des briques extérieures, qui n’ont parcouru que 32 km depuis leur site de production. Et 15 % des matériaux proviennent du recyclage, comme l’acier de structure récupéré sur le chantier de rénovation de la gare de Brighton. Dans sa conception, le quartier a aussi prévu des pistes cyclables, des locaux dédiés aux services de proximité comme la santé et une forte connectivité avec les réseaux de transports en commun. Résultat : les déplacements en voiture des habitants sont 65 % inférieurs à la moyenne britannique.

Vue du quartier de BedZED de Sutton, au sud de Londres. Crédit photo : © Tom Chance

4- Une boucle énergétique vertueuse – Atlantech, La Rochelle (Charente-Maritime)

Sur cet ancien site militaire de 27 hectares, une boucle énergétique redistribue l’énergie entre bâtiments : ceux qui produisent plus qu’ils ne consomment alimentent ceux qui sont en déficit. Lorsque le surplus dépasse la demande, il est converti en hydrogène vert, réutilisable pour les transports en commun. Les bâtiments résidentiels ne sont pas les seuls concernés : le siège du Crédit Agricole Charente-Maritime Deux-Sèvres fonctionne déjà en autosuffisance grâce à 2 600 m² de panneaux photovoltaïques, couplés à la géothermie. Ce quartier bas carbone accueille aussi un pôle de recherche et de formation dédié à l’écoconstruction.

Le ^arc bas carbone ATLANTECH® à Lagord près de La Rochelle.


5- La conception passive dans un climat désertique – Masdar City, Abu Dhabi (Émirats arabes unis)

Aux Émirats, le centre-ville de Masdar repose sur un principe simple : rendre le soleil et le vent favorables plutôt qu’hostiles. Le cœur du quartier est surélevé sur un podium de 7 mètres et orienté pour canaliser les vents du désert dans les ruelles étroites, créant ainsi des températures ressenties environ 10 °C inférieures à celles du centre d’Abu Dhabi. La hauteur des façades, les arcades et les matériaux clairs complètent ce dispositif passif, sans climatisation mécanique dans les espaces publics. Ou comment transformer les contraintes de la nature en force !

Vue d’une façade dans le centre de Masdar City à Abu Dahbi (Émirats arabes unis)

6- Le bilan carbone comme outil de conception – Chapelle Charbon, Paris 18e

Aucun parking souterrain, un raccordement au réseau de chaleur urbain, des matériaux biosourcés et géosourcés dans tous les lots… Dès 2019, une méthodologie innovante a guidé chaque arbitrage de ce quartier en développement, puisque tous les choix ont été opérés en fonction du bilan carbone. Résultat : des émissions de carbone inférieures de 38 % au scénario réglementaire de référence. Plusieurs bâtiments atteignent les seuils RE2020 de 2028 avec deux ans d’avance.

Le quartier Chapelle Charbon à Paris 18e Crédit photo : © ArtefactoryLab

7- La ville des 5 minutes – Nordhavn, Copenhague (Danemark)

Ancien port industriel en reconversion, Nordhavn est conçu pour que chaque habitant accède à pied, en moins de 5 minutes, à une école, un commerce, un espace vert et un arrêt de transport en commun. Ce qui, mécaniquement, réduit les déplacements motorisés ! La voiture n’a d’ailleurs pas sa place dans ce quartier bas carbone : les stationnements sont regroupés en périphérie et les îlots sont traversés uniquement par des cheminements piétons et cyclables.

Nordhavn est un nouveau quartier résidentiel et d’affaires durable situé à Copenhague.

8- La ville qui ne ramasse pas ses déchets – Songdo, Incheon (Corée du Sud)

À Songdo, les ordures ménagères ne passent pas par des camions : la ville ne ramasse pas les déchets… elle les aspire depuis les logements via un réseau de tubes pneumatiques souterrains. Elles sont ainsi acheminées vers une usine centralisée qui les incinère pour produire de l’électricité. Zéro camion-poubelle dans les rues, zéro odeur, zéro point de collecte en pied d’immeuble et une optimisation de toutes les ressources : le système couvre l’ensemble du quartier bas carbone de 600 hectares.

Songdo Central Park à Incheon City en Corée du Sud.

9- Les toits végétalisés alimentent les toilettes – GWL Terrein, Amsterdam (Pays-Bas)

Dans cet ancien site industriel reconverti en quartier sans voiture, les toitures végétalisées jouent un double rôle : elles retardent le ruissellement en cas de fortes précipitations et stockent l’eau de pluie. Celle-ci est ensuite redistribuée pour alimenter les chasses d’eau des logements. De quoi réduire significativement la consommation d’eau de l’ensemble du quartier !

Une architecture respectueuse de l’environnement avec des toits végétalisés.