Comment les villes françaises développent et valorisent la biodiversité en milieu urbain

Biodiversité ville gil averous ©D.R.

Gil Avérous, président de Villes de France et maire de Châteauroux (©D.R.)

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Gil Avérous, président de Villes de France et maire de Châteauroux, a signé en mai dernier une charte avec Thibaut Beauté, président du Conseil National des Villes et Villages Fleuris (CNVVF), pour soutenir et promouvoir le label national des Villes et Villages Fleuris au sein des communes tricolores. L’occasion de faire le point avec l’édile sur l’état de la biodiversité dans nos milieux urbains.

Quelle est la place accordée à la biodiversité aujourd’hui dans les stratégies municipales des membres de Villes de France ?

Gil Avérous : Parce que la biodiversité des villes ne se limite pas qu’aux fleurs, les municipalités se sont dotées de stratégies globales en vue de végétaliser leur territoire. Pourtant, il y a encore cinq ans, la question de la biodiversité n’était que très peu prise en compte par nos villes membres. Grâce au programme Action Cœur de Ville initié en 2018, un travail considérable a été réalisé par les collectivités locales pour revégétaliser les centres-villes ou déminéraliser les cours d’école. Les territoires les plus avancés en la matière se dotent même d’un atlas de la biodiversité, comme à Châteauroux Métropole. Avec cet ouvrage, nous réalisons un inventaire et élaborons un plan d’action pour préserver la richesse de notre biodiversité. Le bilan sera publié au cœur de l’été et le plan d’action en décembre. À la demande de notre population, nous porterons des actions concrètes pour végétaliser davantage et protéger la faune et la flore de notre territoire.


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Dans quelle mesure la signature de la charte avec le Conseil National des Villes et Villages Fleuris permettra de mieux valoriser la biodiversité dans nos villes ?

Gil Avérous : Pour aller plus loin sur le front de la biodiversité dans les milieux urbains, Villes de France a signé, en mai dernier, une charte avec le Conseil National des Villes et Villages Fleuris (CNVVF). Notre objectif commun : soutenir et promouvoir le label national des Villes et Villages Fleuris au sein des communes françaises. En effet, aujourd’hui, il ne s’agit plus de prendre uniquement en compte le fleurissement d’une ville, mais l’ensemble de la biodiversité, dont l’aménagement et la gestion des espaces paysagers, pour valoriser la qualité de vie des habitants et des visiteurs. En ce sens, ce partenariat entre nos deux associations participe à la refonte des grilles du CNVVF afin de prendre en compte la qualité de l’air, des sols et de l’eau. Cette charte va permettre de communiquer plus efficacement sur les enjeux liés au végétal en tissu urbain. À titre d’exemple, le label quatre fleurs des Villes et Villages fleuris sera désormais synonyme d’engagement pour la biodiversité.

« Villes de France invite le gouvernement à créer une taxe pour les propriétaires d’anciennes usines qui ne produisent plus. Cette mesure a pour objectif d’alimenter un véhicule pérenne de renaturation des friches urbaines »

Outre cette charte avec le CNVVF, quels sont les autres leviers que les villes peuvent actionner pour donner plus de place à la nature et à la biodiversité en milieu urbain ?

Gil Avérous : D’autres leviers sont effectivement à portée de main, à l’instar d’Action Cœur de Ville II, un dispositif prolongé jusqu’en 2026 pour requalifier les entrées de ville, les quartiers de gare et les projets de transition écologique. Ainsi, nos villes moyennes et leurs intercommunalités sont très engagées pour faire évoluer les dispositifs de ce programme et les démarches ÉcoQuartiers. Avec l’État – en particulier avec le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu –, nous menons une série de discussions afin de trouver les moyens financiers pour accompagner le rafraîchissement des quartiers, la désimperméabilisation des sols ou encore la sobriété foncière. Car, de toute évidence, la revitalisation des cœurs de ville œuvre de façon directe en faveur de la transition écologique à travers les politiques locales de lutte contre l’étalement urbain, de sobriété et de recyclage foncier. À Châteauroux par exemple, la renaturation des cours d’école se réalise de concert avec les élèves et le corps professoral. Cette co-construction permet de sensibiliser les plus jeunes à l’importance de la biodiversité en ville.

Quels sont les objectifs de Villes de France en matière de développement de la biodiversité en ville à horizon 5-10 ans ?

Gil Avérous : Pour pousser le curseur en matière de développement de la biodiversité en milieu urbain, Villes de France invite le gouvernement à créer une taxe pour les propriétaires d’anciennes usines qui ne produisent plus. Cette mesure a pour objectif d’alimenter un véhicule pérenne de renaturation des friches urbaines, au-delà du fonds friche actuel qui se révèle être insuffisant. D’après une étude commandée à l’Ifop – dont notre association a dévoilé les détails en juillet lors de son congrès au Creusot, 33 % des personnes interrogées estiment que les villes moyennes sont les plus aptes à faire face au défi climatique, contre 18 % pour les grandes villes. La proximité à la nature et à la biodiversité se joue bel et bien à l’échelle de nos territoires !  

Le square Jean-Jacques Rousseau à Châteauroux (©D.R.)