Tout ce que les villes ont à gagner à créer des îlots de fraîcheur

ilots de fraicheur

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Les villes sont-elles condamnées à l’inaction face aux pics de chaleur qui s’annoncent de plus en plus fréquents ? Pour limiter les degrés Celsius qui s’affolent parfois dans des villes, plus « minérales » par essence, la création d’îlots de fraîcheur par une végétalisation active des espaces se développe. Explications.

« Face à l’accroissement constant des températures en ville, l’enjeu du rafraîchissement en milieu urbain est très important, prévient Hugo Meunier, Président-fondateur de Merci Raymond, spécialisé dans la végétalisation et dans la conception de jardins partagés et de fermes urbaines. Ces îlots de fraîcheur sont autant d’espaces de nature à développer. Ils sont à opposer à la bétonisation qui a constitué le cœur des politiques urbanistiques depuis 40 ans. » Le cadre est posé par celui qui plaide pour « l’intégration de la nature dans tous les projets immobiliers ».


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Des îlots de fraîcheur aux formes variées

Les îlots de fraîcheur en ville intègrent la nécessité de conserver, transformer ou créer des sols en pleine terre afin d’y faire pousser des arbres, des plantes et autres végétaux. On y voit fleurir des jardins partagés, des potagers et même des fermes urbaines. Ces espaces intègrent aussi la valorisation de différentes sources d’eau : traitement des eaux pluviales, création de mares artificielles ou mise en valeur des cours d’eau.

Autre possibilité, la création de micro-forêts en ville, même si la place des arbres peut être une contrainte et empêcher leur développement sur tous les territoires. Néanmoins, le botaniste japonais Akira Miyawaki a développé une méthode de plantation d’arbres, inspirée par l’écosystème naturel des forêts primaires, permettant un contrôle du système racinaire. De cette façon, 170 000 arbres seront plantés à Paris d’ici 2026, dans des friches ou le long du périphérique.

“Casser le bitume”

Casser le bitume afin de recréer des sols en pleine terre est une des solutions employées. En effet, le béton favorise les îlots de chaleur et empêche tout ruissellement de l’eau. Sur une place, un rond-point, dans une zone commerciale ou dans les cours d’école, des paysagistes et des jardiniers interviennent pour végétaliser ces espaces. Place donc à la terre mais aussi parfois à des copeaux de bois. Les espèces de plantes choisies doivent s’adapter au climat ambiant, aux caractéristiques du sol mais aussi être sans danger pour les enfants, en milieu scolaire.

Si la prise de conscience est réelle quant au besoin de lutter contre le phénomène des îlots de chaleur urbains (ICU) et de limiter la progression du mercure en ville, la mesure de l’impact des îlots de fraîcheur par des données chiffrées n’est pas encore effective. Merci Raymond a récemment participé à l’étude de l’ADEME sur des villes ayant mis en place des politiques favorisant les îlots de fraîcheur. L’agence de la transition écologique a ensuite édité un guide intitulé « Rafraîchir les villes, des solutions variées ».

Température, impact social… les différents bénéfices des îlots de fraîcheur

« Nous avons des estimatifs de degrés perdus, mais cela reste compliqué de connaître les impacts concrets. » estime le spécialiste de la nature en ville. Néanmoins selon l’ADEME, les arbres isolés ou en bordure de route peuvent diminuer la température de 2 à 3 °C grâce à l’évapotranspiration et l’ombrage. L’organisme prend l’exemple de Paris et note que la capitale « a mis l’accent sur trois solutions : la création de parcs et espaces verts irrigués (10 % des espaces verts), l’isolation des bâtiments et l’intégration de revêtements comme les surfaces réfléchissantes de couleurs claires, l’augmentation des températures de consigne de la climatisation de 23 °C à 26 °C (bureaux) et 28 °C (résidentiel) – qui ont permis un rafraîchissement de l’air extérieur jusqu’à 4,2 °C la nuit et une réduction des consommations énergétiques de 60 % ». Les villes moyennes s’intéressent aussi à ces problématiques. Merci Raymond intervient aussi à Agen, Montauban, Arles, Avignon…

« Au-delà des îlots de fraîcheur, il y a un réel bénéfice social à créer ces lieux de nature qui sont aussi des espaces de vie et de socialisation importants, pour la santé tant physique que psychique » conclut avec optimisme Hugo Meunier. Outre leur impact sur la captation de carbone, les îlots de fraîcheur sont autant de lieux de rencontres, dédiés aux familles, aux enfants, qui participent à faire renaître la vie d’un quartier, pensé à taille humaine.