To-Lyon, acteur et symbole de la réinvention du quartier de La Part-Dieu

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To-Lyon est à la fois un ensemble immobilier mixte de 80 000 m2 et un projet d’infrastructures connecté à son environnement (©Dominique Perrault Architecture / ADAGP)

Temps de lecture : 5 min

Figurant parmi les plus grandes opérations de l’histoire urbaine de Lyon, la tour To-Lyon accélère autant qu’elle incarne la réinvention du quartier d’affaires de La Part-Dieu. Comment ? En répondant aux nouvelles attentes des utilisateurs des espaces de travail, en concentrant les prouesses techniques et en apportant une signature architecturale prestigieuse. Rencontre avec les acteurs de ce projet hors norme.

Une nouvelle tour de 170 mètres prend place dans la skyline de Lyon. Baptisée To-Lyon, elle se distingue des autres immeubles de grande hauteur (IGH) de la cité des Gones à de nombreux titres. Développé par VINCI Immobilier en partenariat avec EUROPEQUIPEMENTS, ce bâtiment à triple composante, bureaux-hôtel-équipement, symbolise la réinvention du quartier d’affaires de La Part-Dieu impulsé par la Métropole et la Ville depuis 2010.


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« Nous avons élaboré ce projet entre 2011 et 2018 avec les différents partenaires impliqués dans l’ouverture de la gare et sa reconnexion avec le centre, à savoir l’agence d’urbanisme AUC, les équipes de la Métropole et de la ville de Lyon, la SPL Lyon-Part-Dieu et Gare & Connexions », souligne Stéphane Reymond, directeur général adjoint de l’immobilier résidentiel et des régions, et directeur régional Rhône-Alpes Auvergne de VINCI Immobilier.

To-Lyon, projet clé pour la réinvention de la Part-Dieu

Située au sud de la sortie de la gare coté place Béraudier, To-Lyon est à la fois un ensemble immobilier mixte de 80 000 m2 et un projet d’infrastructures connecté à son environnement.

Au niveau de la « place basse » du projet, située sous la future place Béraudier, des interconnexions entre la gare et le métro sont en cours de création par VINCI Immobilier ainsi qu’un espace intermodalité de 11 000 m2 regroupant une dépose-minute pour la gare, une vélo-station de 1 500 places, une station taxis, 500 m2 de services et de commerces ainsi qu’un parking de 1 100 places (dont 280 places réservées aux bureaux de To-Lyon) sur trois niveaux de sous-sol. Ces espaces publics seront complétés par 3 500 m2 de services et commerces dans le socle de To-Lyon.

La SPL Lyon Part-Dieu se charge pour sa part des aménagements de la place Béraudier qui contribueront à l’agrandissement de la gare et à sa végétalisation. À terme, le pôle d’échanges multimodal devrait accueillir 250 000 voyageurs par jour à horizon 2040 contre 125 000 actuellement. « Il était devenu nécessaire de doubler la surface d’accueil de la gare dans un quartier déjà construit, explique Florent Sainte Fare Garnot directeur général de la SPL Lyon Part-Dieu. Nous avons donc fait le choix de redynamiser le quartier depuis plusieurs années. Cette stratégie induit la réhabilitation-extension de tours existantes comme Silex 2 ou de nouvelles constructions qui remplacent des bâtiments obsolètes, à l’image de To-Lyon en lieu et place d’un ancien hôtel. » Une fonction qui ne disparaîtra pas pour autant car un nouvel établissement de 168 chambres avec restaurant, espace de conférence et réunion, espace spa-fitness et terrasse, sera ouvert dans la tour pour consolider l’attractivité économique et touristique de Lyon. Enfin, 66 000 m2 de bureaux s’ajoutent à la programmation, faisant de To-Lyon un symbole de mixité urbaine.

Le groupe de protection sociale APICIL occupera 20 000 m² dans To-Lyon, EDF 15 000 m² et l’opérateur de coworking Spaces 10 000 m2 (©Dominique Perrault Architecture / ADAGP)

Des espaces de bureaux qui séduisent les utilisateurs

« Nous avons anticipé l’évolution des besoins des utilisateurs avant la crise sanitaire, précise Patrick Supiot, directeur général immobilier d’entreprise VINCI Immobilier. To-Lyon propose ainsi une logique d’écosystème attractif, de services, de déplacements, de facilités et d’interconnexions ; entre le cœur et l’extérieur du bâtiment, entre les étages et les espaces intérieurs (café-coworking, espaces flex…), entre les entreprises implantées autour et à l’intérieur du bâtiment ». Résultat : la tour est déjà commercialisée à plus de 75 % auprès de différents profils d’entreprises. Le groupe de protection sociale APICIL, locataire et investisseur, occupera 20 000 m² pour regrouper ses 1 600 collaborateurs lyonnais, EDF s’installera sur 15 000 m² et l’opérateur de coworking Spaces (groupe Regus) s’étendra sur 10 000 m2.  

« Plus qu’un déménagement, notre installation dans To-Lyon va permettre une véritable transformation de l’organisation du travail, détaille Frédéric Faye, Directeur RH Groupe, environnement de travail et achats d’APICIL. Nous créerons des synergies, fédérerons et favoriserons la collaboration des équipes grâce à des espaces plus ouverts et collaboratifs. En parallèle, le bien-être au travail des collaborateurs sera amélioré avec une offre de services enrichie. Enfin, nous aurons l’occasion de développer des échanges avec les autres locataires au-delà des simples questions d’occupation. » Le choix d’APICIL a également été guidé par les enjeux environnementaux : le déménagement dans To-Lyon permettra au groupe d’atteindre son objectif de réduire de 25 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025. L’IGH sera en effet doublement certifié BREEAM (niveau Excellent) et HQE (niveau exceptionnel). Une performance permise en partie par des prouesses techniques.

Un chantier hors norme

Utilisation de béton bas carbone, mise en œuvre d’une façade double peau avec ouvrants de confort pour tous les bureaux, raccordement au chauffage urbain…To-Lyon consommera trois fois moins d’énergie que les bâtiments précédents. Autre tour de force mais dans un autre registre, la technique de construction de l’infrastructure de la place en taupe (qui consiste à faire progresser le chantier du haut vers le bas, en terrassant sous les planchers après leur réalisation) a été adoptée pour le creusement du parking souterrain place basse et la place Béraudier afin de garantir la stabilité des immeubles à proximité.

En matière de confort pour les usagers, toutes les mesures ont été prises. Ainsi, le procédé des boites à ressorts a été utilisé dans la construction dans la partie basse de To-Lyon, qui accueillera l’hôtel. « Ce dispositif assurera le confort des usagers des chambres en isolant les vibrations dues au passage des trains sur les voies de chemin de fer attenantes », développe Denis Planus, directeur de projet chez VINCI Construction France (entreprise en charge de la réalisation des travaux).

Des boîtes à ressorts ont été installées pour l’isolation acoustique de l’hôtel (©CITINEA VINCI Construction France)

Côté architecture, Dominique Perrault a imaginé une façade en produit verrier constituée d’une multitude de pans coupés donnant à la tour des reflets bleus et noirs changeant avec les variations de luminosité au cours de la journée. « To-Lyon est un « monolithe d’obsidienne » qui est relié à son environnement à plusieurs échelles urbaines, explique l’architecte de l’opération. La partie de grande hauteur, qui culmine à 170 mètres, crée un nouveau repère à l’échelle métropolitaine et participe à l’identité internationale de ce quartier tertiaire majeur tandis que la partie basse de huit étages se place à l’échelle de l’environnement proche et contribue à la vitalité du quartier. » Rendez-vous est pris fin 2023 pour découvrir ce bâtiment signal de la métropole lyonnaise.  

Pour accéder à la webcam du chantier et suivre l’évolution des travaux jour après jour, cliquez ici.